L’horticulture Orléanaise
Elle a une origine très ancienne liée essentiellement à l’histoire de la « Vallée des Roy ».
On retrouve les premières traces de la pépinière Orléanaise dès la fin du 16e siècle.
D'ailleurs les premiers pépiniéristes Orléanais furent sans doute des jardiniers qui se sont petit à petit reconvertis dans la multiplication et l'élevage des arbres.
On commençait déjà à l'époque avec le transport par route ou par bateaux vers d'autres jardiniers à travers la France, beaucoup vers la région parisienne et les châteaux du Val de Loire.
Un certain Jehan LEVACHER a fourni en 1604 des arbres pour le château de Sully qui furent transportés par la Loire et qu'il planta lui-même. Il était même noté à l'époque que les jardins de Sully étaient les plus beaux de France.

La première pépinière de France est née à Orléans St Marceau.



L’horticulture Orléanaise doit aussi son histoire à quelques amateurs passionnés.

Le plus célèbre demeure LE LECTIER, procureur du roi à Orléans, qui cultiva à partir de 1598 dans des pépinières situées entre la Loire et le Loiret, l’actuel quartier de Saint-Marceau, une collection impressionnante d’arbres fruitiers :
  • 258 poiriers
  • 69 pommiers
  • 72 pruniers
  • 27 pêchers
  • 12 cerisiers
  • 10 figuiers
  • 12 orangers
  •  8 autres arbres à fruits
soit un total de 468 variétés d’arbres fruitiers.

Il fut certainement aussi à l'origine du premier catalogue de pépinières rédigé sous forme de liste qui servait à l'époque surtout de méthode d'échange de variétés d'arbres fruitiers et cela dès 
1628. A noter que le véritable catalogue de pépinières n'est apparu qu'en 1724, soit 100 ans après celui de Le Lectier. Le premier et vrai catalogue des pépiniéristes marchand d'Orléans fut publié à la fin du 18e siècle par la maison Transon. (Voir extraits de catalogues).

poire Le Lectier
Poire "Le Lectier"
 
acte décès Le Lectier
Acte de décès de Le Lectier 14 septembre 1636
Traduction

On peut donc considérer que Pierre Le Lectier fut le précurseur de la pépinière non seulement Orléanaise, mais Française. 
Une variété de poire "le lectier" lui fut dédiée, on la retrouve toujours dans le commerce chez certains pépiniéristes producteurs d'arbres fruitiers.

Le développement de l'horticulture continuait à se poursuivre, ce qui conduisit à la création du jardin des plantes en 1640 sous Louis XII. Il fut installé à l'époque sur la rive droite de la Loire appelé successivement "jardin des apothicaires", puis "jardin de ville" et enfin "jardin des plantes".
Le développement important du transport fluvial sur la Loire obligea la création et l'installation d'un entrepôt de douanes. Le lieu retenu était celui du jardin des plantes considéré être arrivé à une supériorité sur tous les autres jardins de province.
Il fut donc décidé de transférer le jardin sur la rive gauche, sur le quartier d'Orléans St Marceau où les horticulteurs avaient leurs exploitations.
Nous étions en 1834. La ville acheta donc un terrain de 3 hectares 111 ares et 40 centiares sur une propriété dite "le lièvre d'or". Le jardin était destiné à tester de nouvelles plantes que les pépiniéristes voulaient vulgariser et faire découvrir. Ce fut donc un moyen d'étude très important pour le développement de l'horticulture Orléanaise.

Il est important de noter que la pépinière Orléanaise trouva sa réputation dès le 18e siècle, puisqu'en 1750 les pépiniéristes jardiniers cultivaient plus de 30 000 arbres fruitiers, expédiés dans toute la France.
L'horticulture continuait son développement et afin de bien faire reconnaître les professionnels de l'horticulture, ils devaient appartenir à une Corporation, comme il en existait pour les vinaigriers et les buffetiers (les restaurateurs aujourd'hui) à Orléans.
Une Confrérie de jardiniers vu le jour dès le début du 18e siècle, aujourd'hui la Corporation de St-Fiacre
L'horticulture Orléanaise a connu son véritable essor au cours du 19e siècle.
L'inauguration de la ligne de chemin de fer Paris-Orléans en 1843, puis vers Toulouse par la suite accentua le développement de l'horticulture.
En 1850 on comptait une surface de plus de 100 hectares de pépinières à Orléans.
Le 19e siècle fut marqué par une importante reconversion due notamment à l'invasion du Phylloxera. Elle fut d'ailleurs importante pour certains pépiniéristes qui se sont reconvertis dans le greffage de vigne. En 1902, les 600 000 greffes annuelles étaient d'actualité.
Dans le même temps, et grâce à l'exposition universelle, des millions de jeunes plants d'arbres fruitiers sauvageons, produits à Orléans, ont permis de reconstituer le verger américain. La plus grande pépinière Orléanaise à l'aube de la première guerre, fut Barbier, qui employait plus de 300 ouvriers et qui commerçait dans le monde entier.

pépinières Barbier
Pépinières Barbier
l'horticulture

La crise de 1929 provoqua l'arrêt des exploitations, qui fut suivie par la seconde guerre mondiale. Il a fallu attendre 1950 pour voir repartir l'Horticulture Orléanaise qui fut complétée par les plantes en pot, les plantes vertes, les fleurs coupées ou l'apogée fut dans les années 1970-75.
Orléans était devenu capitale de l'horticulture, car celle-ci s'était développée dans toute sa périphérie, donnant l'impression d'un immense jardin fleuri de plus de 800 hectares.
Les années 1960 commencèrent à décimer les entreprises, notamment avec le tracé de la voie nouvelle qui avait complètement coupé le quartier St Marceau en deux, handicapant les professionnels de l'horticulture, qui virent un blocage pour leur développement.
Il faut donc prévoir de tout réorganiser pour se développer, pour continuer à produire avec de nouvelles méthodes, dans des espaces plus vastes et mieux adaptés aux nouveaux modes d'exploitation.
Ce fut Melleray à St Denis-en-Val en 1961 avec 250 ha, puis le Domaine de Cornay à St Cyr-en-Val en 1964, les grands marais à Sandillon en 1965. Ce fut aussi en 1975 près de la centrale à Dampierre en Burly.
Il faut aussi noter que la crise due au pétrole de 1970, a conduit à faire disparaître bon nombres d'exploitations.
Aujourd'hui, la très grande majorité des exploitations s'est délocalisée sur la périphérie de la ville, notamment St Cyr-en-Val et St Denis-en-Val, qui pour une commune a certainement la plus grande concentration d'exploitation horticoles sur son territoire.
  





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